Randonnée automnale
Habert de Chamechaude
28 septembre 2025
Projet Alpinisme
Roche Faurio
19- 21 septembre 2025
Le we du 20 septembre 2025 a eu lieu le grandiose projet alpi 2025 de notre association Des Sommets pour Rebondir avec une équipe de choc. 8 super nanas plus que motivées et un binôme de mega guides du Bureau des guides de Grenoble Fix et Pol.
Merci également encore à Lagoped pour le prêt des super vestes.
Voici le magnifique compte rendu
collectif des filles rédigé par Cécile. Bravo encore les filles
et merci encore les super guidos
.
"Vendredi à 7h45 on retrouve Carine sur le parking du Prisme. Elle nous apporte les vestes Lagoped ainsi que du café, des croissants et pains au chocolat (DSPR c’est la classe dans les moindres détails, merci Carine !). A la fois excitées, enthousiastes et un peu tendues, on fait la connaissance de nos deux guides, Fix et Pol, en profitant du réconfort avant l’effort… Débute ensuite une séance d’inspection drastique des sacs : au milieu du parking nos guides n’hésitent pas à nous faire vider l’intégralité de leurs contenus pour éliminer le moindre gramme jugé inutile (exit le sur-pantalon et le bonnet en laine, la polaire ou le stick solaire supplémentaires …) malgré l’inquiétude et les menaces de certaines « Fix, j’te préviens si j’ai froid je pique ton pull ! ». Vers 9h30 on se met enfin en route pour le Pré de Madame Carle.
Après un bon pique-nique à l’ombre des mélèzes, on réalise que les 3 gr de culottes et autres collants abandonnés sur le parking du Prisme sont remplacés par 2 ou 3 kg de matériel de montagne prêtés par le BGG ! Pas le choix, on charge piolets, crampons, baudriers et casques… cette fois plus de ½ tour possible, il faut y aller ! On s’engage dans le très beau vallon qui conduit au pied du Glacier Blanc, objectif de notre journée. Dès le premier ¼ d’heure la patience de nos guides est mise à l’épreuve avec les problèmes successifs de serrage de chaussures. En retour ils nous expliquent qu'il faudra mutualiser les pauses hydratation et synchroniser nos envies de faire pipi… ok les gars, c’est noté !
La montée est intense sous un ciel presque trop radieux, on a bien chaud. Pol ouvre la route d'un pas tranquille dans lequel on se cale, groupées. Le sentier fait des épingles dans un paysage somptueux, on franchit la rivière, la forêt de mélèzes rapetisse, on laisse le vallon austère du Glacier Noir et sa moraine et on monte vers le refuge en admirant les rochers, les bosquets d’épilobes, les sommets… en particulier le Pelvoux et son beau Glacier des Violettes. L'effort s'intensifie avec un chemin plus escarpé et quelques passages rocheux franchis sans problèmes avec le soutien de Fix « ça va l’équipe ? ». 3 h plus tard, réceptionnées par des marmottes, on découvre le Refuge du Glacier Blanc et on pose les sacs avec soulagement. La vue est superbe, les rafraîchissements sont bienvenus, agrémentés par des amandes grillées (passées en contrebande dans nos sacs ce matin avec quelques tablettes de chocolat et même un couteau suisse pour parer à toute éventualité !). Un dortoir « privé » nous attend, ainsi que d’énormes portions de lasagnes roboratives… Après une partie de Trou du cul courte mais fervente (Pol ne lâche pas la présidence et Fix le titre honni) il est temps d’aller au lit.
Samedi matin, on est réveillé en tambour par le portable de Laurence à 5 h pétante. 1h ½ plus tard c’est le départ à la frontale pour une première grimpette de nuit sous les encouragements de Fix « ça va les lucioles ? ». On évolue dans un calme bienfaisant, le jour se lève, les montagnes offrent des dégradées de bleu, puis le soleil redessine les sommets d’un trait doré… c’est fabuleux. On longe désormais le glacier sur son flanc gauche, mais à bonne distance car la mer de séracs et crevasses qui le recouvre ne permet pas de grimper dessus tout de suite. Le sentier est pentu et ce sont les premiers crapahutages dans les rochers, les premières émotions fortes pour certaines…
Vers 9h30 on rejoint le bord du glacier à l’aplomb du Refuge des Ecrins qui sera notre halte du soir. Après s’être équipés on passe aux choses sérieuses et on prend pied sur le glacier pour une progression tout d’abord sans corde, ce qui suscite des émotions et inquiétudes en enjambant les premières crevasses malgré les paroles rassurantes de Fix « tout est sûr » et de Pol « ça va aller… ». Et puis très rapidement on forme deux cordées et on remonte le glacier en cherchant les passages entre les crevasses, presque tout droit pour les uns, en zig-zag pour les autres. C’est un « samedi au soleil » sifflote Fix, le paysage est grandiose : loin, loin, loin au fond à droite il y a la Roche Faurio notre objectif, et en face d'elle, majestueux, le Dôme et la Barre des Ecrins.
Aux alentours de midi on attaque les pentes raides de la Roche Faurio. L’altitude, l’alternance de glace et de neige transformée rendent la progression très exigeante mais, pas après pas, on atteint la 1ère épaule. La météo tellement radieuse, l'heure avancée et la neige très molle oblige la cordée de Fix, partie un peu plus haut en éclaireuse, à faire ½ tour. On fait alors la pause. C’est magique d’être là, on en a plein les yeux : les sommets enneigés, le ciel radieux, le glacier qui coule vers la vallée dans une succession de plans montagneux… c’est trop beau. On est heureuses d’être là, conscientes que sans DSPR et la force du groupe, pour la plupart on n’aurait jamais fait ça !
Mais l’heure avance et on redescend rapidement pour pique-niquer sur le replat du glacier. On partage les nombreux cakes salés confectionnés à partir des recettes de Carine, mini encombrement, maxi calage, au grand bonheur de nos guides. Puis on descend en serpentant à nouveau sur le glacier jusqu’à la petite « plage » sous le refuge. On se déleste de notre matériel de montagne et on cache les piolets et crampons derrière des rochers pour ne pas alourdir les sacs. La journée n’est pas finie : le Refuge des Écrins nous toise, perché 135 m au-dessus de nous. Par un itinéraire très escarpé fait de passages d’escalade, de mains courantes et de marches métalliques, l'ascension est rude, cerise confite (comme nos cuisses) sur cette petite journée de 10 h de marche. Mais malgré la fatigue et quelques larmes de soulagement à l’arrivée, on est comblées !
La soirée est brève : un peu de toilette à l’eau glacée, quelques verres désaltérants, un repas à base de riz Royal canin et de cheesecake cramé, une revanche au jeu (le président est détrôné et Fix atteint les sommets), puis une nuit entrecoupée dans un dortoir de 28 surchauffé…
Dimanche matin, c’est la grasse mat’ jusqu’à 5h45. A 7h le jour se lève et on est prêtes à quitter ce nid d’aigle, un peu flippées à l’idée de la descente qui nous attend. Finalement tout se passe sans problème grâce à l’attention et à la patience de nos guides qui aident patiemment les moins agiles. Et puis il faut à nouveau s’équiper, former les cordées et c’est reparti pour une véritable déambulation sur le glacier. Le spectacle est impressionnant, grosses crevasses ourlées de brun, lames blanches et bleues, la glace est ocre par endroits, grise à d’autres, il y a des petits ruisseaux, des moulins à eau… Nos guides se concertent pour trouver la sortie du labyrinthe : plutôt à droite, plutôt à gauche ? Pol par en éclaireur « ça va aller… », Fix taille des marches dans la glace… et l’air de rien on atteint la moraine juste à la jonction avec le sentier du retour. Surprise, une magnifique grotte glacière s’offre à nous : on se glisse sous le glacier en frissonnant pour admirer la voûte bleue piscine…
Commence alors la grande descente avec une pause cakes salés (ça y est on en a fini un !) au Refuge du Glacier Blanc. On retrouve le sentier et on rembobine le paysage toujours aussi beau et ensoleillé : les marmottes, les fleurs, le petit lac, les rochers, les épingles à cheveux, la rivière, les mélèzes, le parking… on est arrivés.
Un peu sonnées, les pieds bien fatigués, on se met à la recherche d’un snack ou restaurant car deux d’entre nous (dont nous tairons les noms) refusent nos propositions insistantes de cake salé malgré le stock restant. On trouve une table réconfortante à Vallouise au moment où la pluie commence à tomber… elle nous accompagnera en fanfare sur toute la route du retour.
Merci à nos guides Fix et Pol aux petits soins pour nous, merci à DSPR, merci à nos chauffeurs Nadine et Pol, merci à toute l’équipe de cordée : Carole, Cécile, Laurence, Nadine, Sandrine, Valérie, Véronique et Yannick. On a vécu 3 jours d’émotions intenses, d’efforts, de partage d’énergie et de bonne humeur dans un environnement exceptionnel. C’est une aventure précieuse qui va rester au fond de nous et nous accompagner pendant longtemps !
PS pour les prochaines sorties, voici
le secret du sac léger des guides : pas de pique-nique, pas d’eau,
pas de dentifrice, pas de crème solaire, pas de vêtements, pas
de...
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