Projet final Roche Faurio

Septembre 2023

« Ça y est, on y est. Jour J. La nuit précédente a été courte. J’ai refait 10 fois le sac dans ma tête. Qu’est-ce que j’oublie ? Est-ce que les gants seront assez chauds ? Il faut dire que lors de la sortie glaciaire du mois de juillet, on a goûté aux conditions hivernales, ça piquait. La météo annoncée pour aujourd’hui n’est pas des plus clémentes, mais devrait nettement s’améliorer pour samedi et dimanche. Allez même pas peur (si un peu quand même), c’est parti !

RDV devant un petit déjeuner accompagné(e)s de supportrices. Merci les filles, c’était chouette de faire un crochet avant votre journée de boulot (eh oui, on est vendredi). On charge dans les voitures et hop…nous voici au Pré de Madame Carle…où nos 2 guides prennent un malin plaisir à vider nos sacs… Et histoire de s’alléger encore, on casse la croûte avant de monter. Si si…on va bientôt faire autre chose que manger !

Première étape, Refuge du Glacier Blanc. On monte, chacune à son rythme et au rythme de chansons fredonnées assez…entêtante. On quitte des yeux le glacier noir, pour apercevoir le front du glacier blanc. On est dessous, vraiment tout petits. Dernier passage sur les dalles rocheuses et on arrive au refuge. Finalement la météo est plutôt sympa. Une petite bruine en arrivant, pas de quoi nous affoler. On prépare le matériel pour demain, crampons, baudrier…avant de s’installer, se poser puis de passer à table. La soupe d’asperge pois cassés était très bonne…mais elle était aux lentilles corail, chou-fleur et lait de coco. Bref tout faux…mais très bon ! Repas terminé, petite partie de cartes et tout le monde au lit. On ne partira finalement pas à la frontale demain, la météo annonce des précipitations au petit matin. Au réveil (pour celles qui ont dormi), spectacle féérique. Les nuages se dissipent. Il a neigé. On va en prendre plein les yeux ! On monte ensemble jusqu’au glacier blanc, on s’équipe. Là, les chemins des 2 cordées se séparent. Une part en direction de la Roche Faurio, l’autre serpentera sur le glacier au milieu des crevasses pour rejoindre ensuite rejoindre directement le refuge des Ecrins. Moment de déception effacé par la beauté des paysages, l’engagement physique et la bienveillance de tous. On continue donc direction Roche Faurio : on monte, on s’essouffle, on grignote, on fait des photos (plein !), on met les pieds dans des crevasses et, cordée de filles oblige, pause pipi face à la barre des Ecrins. Il y a plus moche… le vent soulève et balaye la neige fraîchement tombée. C’est magnifique. Le soleil nous réchauffe (« vous avez remis de la crème ? »). Le glacier est quasiment pour nous. Pas le temps d’aller jusqu’à la Roche Faurio. On fait demi-tour sur la Bosse Faurio (ne cherchez pas, elle n’est pas sur les cartes). Il faut garder des forces pour redescendre, puis terminer par la petite montée bien raide sur la moraine jusqu’au refuge des Ecrins. On devine que cette montée se fait de plus en plus longue au fur et à mesure de la fonte du glacier. On se retrouve tous au refuge des Ecrins. Sommets incrustés dans la rétine, poumons chargés d’air frais, ravi(e)s d’être là, petites larmes au coin des yeux, sourires plaqués. Sensation de froid. La fatigue se fait sentir. Apéro devant un panorama incroyable en attendant le repas. La nuit étoilée accompagne les insomniaques des montagnes. On monte sur le toit pour admirer les couleurs du lever de soleil. Conscientes de vivre un moment privilégié.

Dimanche, chemin retour. On redescend jusqu’au Pré de Madame Carle. Rapide pause picnic au refuge du glacier blanc qui a fermé entre temps et on enchaine par un raccourci qui longe le torrent glaciaire. Les couleurs sont sublimes. Un dernier coup d’œil au glacier blanc et on bascule dans la vallée voisine pour enfin arriver aux voitures. L’ombre du fond de vallée nous incite à aller boire un coup un peu plus bas. On s’installe en terrasse à Pelvoux. On se pose, on redescend doucement, on atterrit tranquillement, on savoure, on profite. Mais on a encore de la route, il faut y aller.

Me voilà devant chez moi… Je crois que je vais aller dormir un peu…et planer ! »

                                                                                                        Karine